Manuel Meszarovits

Photo humanitaire - Camp de réfugiés palestiniens de Chatila

Camp de réfugiés palestiniens de Chatila

Chatila est un camp de réfugiés palestiniens et quelques milliers de Libanais et Syriens en déshérence. Situé à de Beyrouth (Liban), installé depuis 1948 et placé sous la protection de l'UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient). Il abrite près de 19.000 réfugiés sur un terrain de 1 km2. C'est aussi le lieu d'un sanglant épisode du conflit israélo-palestinien, connu sous le nom de massacre de Sabra et Chatila. Aujourd'hui et malgré des conditions de vie exécrables, la vie continue...

Le camp de Chatila abrite environ 19 000 personnes pour une surface de 40 000 m². Les conditions de vie sont dramatiques. La plupart des habitations sont insalubres. Lorsque la pluie tombe de façon soutenue, l’eau pénètre dans les maisons. Les immeubles en béton qui atteignaient au départ un ou deux étages au plus, dépassent aujourd’hui généralement six étages. Cependant les fondations de ces bâtiments n’ont pas été prévues pour cela au départ. Les réseaux d’approvisionnement en eau et en électricité sont plus que rudimentaires et complètement vétustes. Mais ces conditions ne sont pas spécifiques au camp de Chatila. Tous les camps de réfugiés Palestiniens au Liban sont ainsi marqués par les mêmes déficiences.

La plupart des réfugiés qui vivent dans les camps n’ont pas de travail fixe. Ils sont autorisés par le gouvernement Libanais à travailler dans les métiers manuels, mais plusieurs domaines comme la médecine, le droit, l’éducation leurs sont interdits. 72 fonctions différentes sont ainsi inaccessibles aux réfugiés Palestiniens qui souhaitent travailler au Liban. Les conditions relatives à l’éducation des enfants sont également précaires. Les écoles sont peu nombreuses et les classes surchargées. Les adolescents palestiniens ont parfaitement conscience qu’ils n’ont pratiquement aucun avenir dans ce pays. Les portes des universités leurs sont fermées faute de moyens financiers. L’organisation internationale United Nations Reliefs and Work Agency est chargée de centraliser et coordonner les différents programmes d’aide à destination des réfugiés Palestiniens. Concrètement ces programmes ne concernent que les réfugiés les plus défavorisés comme les personnes âgées, les handicapés ou les enfants orphelins.

Avec ses airs de modeste cité-dortoir où s'entassent de petites bâtisses en ciment, le camp de Chatila ressemble aujourd'hui à n'importe quelle banlieue pauvre du Moyen-Orient. Ouvert en 1949, lors la première guerre israélo-palestinienne, il s'est transformé, au fil des années, en une véritable ville dans la ville, avec ses commerces, ses mosquées, sa vie de quartier. Impossible, pourtant, d'effacer les tragiques souvenirs du massacre de 1982, perpétré par une milice chrétienne libanaise, soutenue par l'armée israélienne, qui occupait à l'époque Beyrouth. Mais Chatila est un espace clos : les habitants eux-mêmes décrivent la vie dans le camp comme un enfermement, une prison. Au sein de la société libanaise, les palestiniens de Chatila sont discriminés par des lois qui, par exemple, leur interdisent l’accès à la propriété, au nom du sacro-saint « droit au retour » et de l’équilibre entre les communautés libanaises.

 

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